• Recrutement contractuels

    Nouvelles pratiques rectorales liées au recrutement

     

    Le recteur toujours à la pointe de l’innovation

     

    Après avoir tenté l’an passé de faire appel aux retraités de l’Education Nationale le Recteur de Créteil est encore à la pointe de « l’innovation déréglementation ».

    Lettre adressée le 18 novembre 2009 aux chefs d’établissement : « ...Vous avez peut-être dans votre entourage personnel ou parmi votre population de vie scolaire des étudiants ou des personnels titulaires au minimum d’une licence ou ayant des compétences avérées qui pourraient venir valablement alimenter le vivier de contractuels ou de vacataires... »

     

    Monsieur le Recteur apporte ainsi sa contribution en redéfinissant la profession d’enseignant comme un job pour étudiant !

    Dans le cadre de toujours plus d’autonomie aux établissements et de toujours plus de pouvoir aux personnels de direction, il se permet de dérèglementer l’embauche des non-titulaires. Il accorde son entière confiance aux chefs d’établissement pour les recruter « ...la validation par les inspecteurs venant ultérieurement ...».

    Prendre ce type de décision, c’est méconnaître les conditions d’exercice de ces personnels. Ils exercent bien souvent dans les établissements les plus sensibles avec des  emploi du temps surchargés d’HS, des classes difficiles... Demander des améliorations de leurs  conditions de travail, c’est pour beaucoup,  s’exposer très souvent aux pressions et au chantage à l’emploi de la part de certains proviseurs. Cette procédure de recrutement va accentuer ces débordements et n’améliorera sûrement pas le travail des équipes pédagogiques.

     

    16000 suppressions d’emploi dans la Fonction Publique, non-remplacement de 1 fonctionnaire sur 2, baisse de places aux concours, tout cela nous le vivons tous dans l’académie de Créteil. Les conséquences de cette politique libérale pour nous au quotidien, ce sont des conditions de travail qui se dégradent gravement d’année en année.


    Dès novembre, il n’existait déjà plus aucun moyen de remplacement, ce que reconnaît M. le Recteur quand il écrit : « ...Vous avez pu toutefois être confrontés à des difficultés liées au remplacement d’un de vos enseignants ou au fait qu’un BMP de votre établissement soit resté vacant... »


    Les vraies difficultés sont pour les élèves : emplois du temps perturbés, cours non-remplacés...

    Les enseignants sont contraints d’alourdir leurs charges de travail pour pallier des difficultés financières.

    Tout cela contribue à donner une mauvaise image de la voie professionnelle qui entraîne : démotivation des élèves, absentéisme perlé, incivilités, actes de violence... Le non-remplacement des personnels accentue les dysfonctionnements des LP.


    Cette lettre est une mauvaise réponse du recteur à un vrai problème que le SNUEP-FSU dénonce depuis des années. Il manque pour la voie professionnelle plusieurs centaines d’enseignants dans les disciplines techniques, alors que les places aux concours se raréfient ou ne sont pas ouvertes depuis des années.


    L’épuisement du « vivier » de remplacement est une sonnette d’alarme qui devrait conduire nos responsables à se poser enfin les vraies questions et au tout premier plan sur nos conditions de travail et nos salaires ! Sauf si leur objectif est de détruire le Service Public d’Education de la Formation Professionnelle Initiale pour le remplacer par toujours plus d’apprentissage.

     

    Le SNUEP FSU continuera de dénoncer et à s’opposer à cette politique qui abandonne le service public les élèves et les personnels au profit du patronat et du tout apprentissage.