• Promo à la HC 2016

    1733 promouvables

    111 promus

    1er : 236,2 pts

    111ème : 192,3 pts

     

    INTERVENTION DU SNUEP-FSU

    CAPA HORS CLASSE PLP

    DU 22 JUIN 2016

    Nous commencerons cette déclaration en dénonçant l'attitude inacceptable du gouvernement qui emploie la même méthode autoritaire dans le traitement de tous les dossiers qui ne suscitent pas l'adhésion : surdité aux revendications, inflexibilité, accélération des procédures, passage en force, discrédit et criminalisation des manifestants et, dans  une escalade antidémocratique que notre pays n'avait pas connue depuis longtemps, interdiction de manifester !

    Le gouvernement a eu recours à l'article 49-3 pour faire passer la loi travail sans l'aval du Parlement. Cela fera quatre fois depuis le début du quinquennat que ce dispositif constitutionnel est utilisé ! Pourtant, quand ce fut le cas en 2006, lors des débats sur le contrat premier  embauchent, François Hollande  avait crié  au   « déni de démocratie ».

    La réforme du collège, rejetée par la majorité de la profession, a elle aussi été adoptée dans des conditions révoltantes. Le ministère a démontré son refus d'entendre les inquiétudes et les objections des enseignants et, pour couper court à toute contestation, le gouvernement a fait paraître  les textes sur la réforme du collège le lendemain d'une des plus fortes journées de mobilisation contre ce projet. La réforme du lycée professionnel avec la catastrophique généralisation du Bac Pro 3 ans en 2009 suivie de près en 2010 par celle des lycées généraux et technologiques, dont l'objectif inavoué était de faire des économies d’heures, continue à s'appliquer sans le moindre changement. Pourtant, le ministère n'a toujours pas publié le bilan de cette réforme qui a accru les difficultés des élèves et a largement dégradé les conditions de travail des enseignants.

    Et ce ne sont pas les rémunérations qui peuvent rendre plus supportable la charge de travail croissante dans les lycées professionnels, notamment avec la multiplication des CCF et l'encadrement de plus en plus lourd des PFMP. Après six des années de gel du point d'indice, l'augmentation de 0,6 % en juillet et de 0,6 % en février apparaît bien dérisoire au regard des pertes constantes de pouvoir d'achat subies depuis plus de 20 ans et correspondant à au moins deux mois de salaire par an. Débuter une carrière si exigeante avec un bac+5 obligatoire à seulement 1,1 SMIC a de quoi indigner et il n'est pas étonnant que la crise de recrutement perdure.

    La revalorisation de notre métier est indispensable et urgente depuis très longtemps et notre ministre a récemment annoncé des améliorations de carrière. Là encore, la méthode du gouvernement est décevante. Il aura attendu la dernière année du quinquennat pour s'apercevoir que la France avait pris un retard considérable dans la rémunération des enseignants. Le processus annoncé qui démarrera au 1er janvier 2017 pour s'achever trois ans plus tard est bien trop étalé dans le temps ; il n'engagera pas nécessairement le nouveau gouvernement au pouvoir après les élections présidentielles. Ce projet ne répond pas à l'urgence de la situation et les gains indiciaires restent loin du compte.

    Pour l'heure, cette commission paritaire portant sur l'accès à la hors classe est attendue impatiemment par les 1733 PLP susceptibles d'être promus dans notre académie-notons qu'ils sont presque 40 de moins que l'an dernier- et notamment par ceux qui exercent depuis de longues années sans plus aucune autre perspective d'évolution de carrière. Il est vrai que l'allongement des carrières provoque la stagnation des enseignants dans le dernier échelon avant leur départ à la retraite. Le dernier BO sur les promotions corps-grade rappelle que l'objectif exprimé lors de la création de la hors classe était « de contribuer à la revalorisation des carrières des personnels enseignants et d'éducation » et il indique que « tous les agents dont la valeur professionnelle est reconnue ont vocation à bénéficier de cet avancement avant la fin de leur carrière ». Le BO stipule qu'une attention particulière doit être portée à la promotion des agents les plus expérimentés qui ont atteint l'échelon le plus élevé de la classe normale et dont la valeur professionnelle incontestée ne peut plus être reconnue qu'à l'occasion d'une promotion de grade. Or, cette année encore, 15 collègues du 11e échelon, soit 14,5 % d'entre eux, ne sont pas promus, dont un né en 1950, un autre en 1951, deux autres en 1953 et un en 1955. Il est indispensable de revoir le barème académique afin de se rapprocher de l'objectif de 100 % de promus parmi ces  enseignants qui ont atteint le plafond de la classe normale. Une forte diminution de la bonification accordée au 10e échelon suffirait. Le SNUEP-FSU demande la tenue d'un groupe de travail après la rentrée pour étudier les modifications de barème à apporter pour aller dans le sens des annonces ministérielles d'un parcours automatique sur deux grades pour tous.

    Le changement de barème décidé il y a trois ans, avec notamment l'augmentation de 50 à 70 points de la bonification accordée au 10e échelon a constitué une première avancée vers moins d'inégalités de carrière : la priorité a été donnée aux collègues du 11e échelon par la légitime valorisation d'un critère objectif : l'ancienneté dans le métier. Cependant, la part trop importante attribuée aux avis des chefs d'établissement et des inspecteurs alors que les notations administratives et pédagogiques sont déjà prises en compte dans le barème revient à donner une place prépondérante et disproportionnée dans le total des points requis à des éléments dont nous savons qu'ils ne peuvent pas empêcher de manière infaillible la subjectivité et la disparité. De surcroît, l'incohérence et les contradictions parfois observées entre les notations administratives et les avis des chefs d'établissement nuisent à la lisibilité du dispositif actuel de la hors classe. C'est pourquoi, pour plus de clarté, le SNUEP-Créteil continue de réclamer l’émission de l’avis pour la hors classe en même temps que la fiche de notation administrative, pratique qui tendrait naturellement vers une plus grande cohérence.

     Le SNUEP rappelle son opposition à la méritocratie qui conduit à des carrières inégalitaires sans garantie que ces parcours individualisés reposent sur des critères pertinents, objectifs et transparents. La bonification rectorale composée des  chefs d'établissement et des inspecteurs a favorisé la promotion de 22 collègues du 10e échelon, dont certains très jeunes, 4 nés en 1974 et un en 1976, privant ainsi d'accès à la hors classe des collègues plus anciens et plus expérimentés. Presque tous (20/22) ont obtenu un avis exceptionnel des inspecteurs. Cet avis exceptionnel est décerné avec beaucoup plus de parcimonie aux collègues au dernier échelon de la classe normale mais il est accordé à des collègues du neuvième huitième et septième échelon dont la probabilité de promotion est nulle. Entre le plus jeune collègue promu du 10e échelon et le plus âgé non promu du 11e échelon, il existe une différence d'âge vraiment importante puisque 27 ans les séparent ! Est-il possible de justifier un tel écart dans le déroulement des carrières ? Les collègues plus jeunes ont encore des possibilités de promotion en dehors de la hors classe : le BO précise que l'avancement de grade ne doit être envisagé pour les collègues méritants les plus jeunes que lorsqu'ils ont d'abord bénéficié d'un avancement plus rapide d'échelon. Quitte à promouvoir des collègues au 10e échelon, n'est-il pas plus impérieux de porter une attention particulière au cas d'un collègue né en 1949(n°363), mais non promu en raison d'une entrée tardive à l'éducation nationale ? Est-il juste que cet enseignant parte à la retraite avec une pension calculée à partir d'un indice très faible ? Le barème académique ne doit pas être un élément de blocage pour répondre aux situations les plus choquantes. La CAPA ne doit pas être une simple chambre d'enregistrement, elle doit rester compétente pour réexaminer tous les cas problématiques.

    La création d'un troisième grade a été annoncée pour la rentrée 2017. Ce nouveau débouché de carrière est une réponse à l'allongement de la durée d'activité. Toutefois les volumes et les conditions d'accès prévu à la classe exceptionnelle ne permettront qu'à quelques-uns d'y parvenir alors que déjà, tous n'accèdent pas à la hors classe. Les modalités d'accès à cette classe exceptionnelle, simple transposition des pratiques en cours dans les carrières administratives, sont inadaptées à la structure des corps enseignants. Le SNUEP- FSU revendique une carrière pouvant être parcourue sans obstacle de grade par tous. Il  portera dans les négociations à venir l'exigence d'un accès ouvrant à tous cette classe supplémentaire, sur la base de l'ancienneté. C'est une condition impérative pour une réelle amélioration des fins de carrière.

    Pour conclure, le SNUEP-FSU rappelle ses mandats, confirmés lors de son dernier congrès national :

    - la reconstruction de la grille indiciaire avec intégration des indices de la hors classe qui disparaît en tant que telle.

    - L'entrée dans le métier avec un indice de départ à 540, soit un salaire brut de 2500 €.

    - La création d'un 12e échelon un indice terminal 963, soit un salaire brut de 4437 €.

    - Un rythme d'avancement rapide en début de carrière et identique pour tous, permettant d'atteindre le huitième échelon en devant un indice 804, indice supérieur à celui actuel du septième échelon de la hors classe, représentant ainsi 80 % du salaire maximum revendiqué.

    - L'intégration de toutes les indemnités dans le traitement indiciaire.

     

    Nous remercions les personnels de la DPE8 qui ont facilité notre travail de commissaire paritaire en nous fournissant un document tableur de qualité ainsi que pour la première fois l’ensemble des  fiches des PLP promouvables avec les avis motivés.

    Nous sommes sensibles à l’effort entrepris pour traiter dès aujourd’hui des premières contestations de notes, malgré un calendrier de fin d’année très chargé : il est plus cohérent d’apporter aux collègues une réponse rapide,      avant la fin de l’année scolaire, à leur demande de révision de note.