• Les GAIN

    Sabordage de la voie professionnelle


    Vraies suppressions de postes, faux GAIN pour les élèves !

     

    « Faire mieux avec moins » pourrait être l'adage favori du rectorat de Créteil, dans la même veine que toutes les formes de « management » à l'américaine et avec les résultats que l'on sait...

    Dans les établissements, les proviseurs mettent en place des Groupes d'Aide à l'INsertion (GAIN), groupe d'accompagnement des élèves en difficulté qui décrochent du système. Le but officiel de ce dispositif est de limiter la sortie sans qualification. Ce groupe associe la direction, l'AS, l'infirmière, les CPE et les professeurs, ces derniers étant chargés de signaler au dispositif des élèves en difficulté.

    La mise en place d'un « GAIN » peut sembler bien dérisoire à l'heure de la « réforme » de la voie professionnelle qui supprime une année complète d'étude aux jeunes qui préparent aujourd'hui un baccalauréat professionnel. Malheureusement, un GAIN ne pourra, pour la voie professionnelle, jamais remplacer un enseignement de qualité à l'heure du sabordage des BEP et des suppressions massives de poste (plus de 50000 depuis 2002, et bientôt 10000 postes au total dans l'enseignement professionnel public grâce à la « réforme »).

    La politique officielle de lutte pour diminuer les sorties « sans qualification » ne remplacera jamais l'essentiel des moyens qui ont fait leur preuve, et notamment le cycle BEP+BAC en deux fois deux ans.

    Il est également regrettable que le ministère en soit à tripatouiller les statistiques avec la mise en place de l'épreuve de « rattrapage » au bac pro pour claironner devant toutes les caméras que la réforme est un succès (la réussite au bac est passée de 77% en 2008 à 87,1% en 2009).

    Donner moins d'école aux élèves qui en ont le plus besoin ou les « payer » pour les inciter à venir, c'est la politique du gouvernement mise en œuvre par le Rectorat de Créteil. Pour maquiller les aléas désastreux de cette politique, les dispositifs comme le GAIN peuvent sembler des cautères sur des jambes de bois. Car au final, les élèves en difficulté sont relégués vers des dispositifs d'insertion chargés de maquiller les statistiques de sortie scolaire sans qualification.

    Le SNUEP-FSU Créteil dénonce l'inefficacité de ce dispositif qui s'inscrit dans le cadre d'une  politique foncièrement préjudiciable à la formation d'une grande partie de nos élèves.

    Le SNUEP-FSU appelle tous les collègues à se syndiquer, à participer aux réunions syndicales et à porter localement des contre-projets ambitieux dans le cadre de la préparation de la rentrée 2010.